Quand nous avons posé nos valises dans notre maison, j’ai eu une vraie bonne surprise dans le jardin : un superbe saule crevette. Cet arbuste venu du Japon m’a tout de suite plu, surtout grâce à son feuillage clair, blanc et rose, qui explique bien son surnom si parlant. Je revois encore ce premier été où, entre deux travaux, je m’offrais une pause juste pour le regarder évoluer.
Puis, en quelques semaines, gros coup de stress : les feuilles se sont mises à brunir et à sécher. De quoi paniquer, non ? Malgré tout, je gardais confiance, parce qu’il restait de petits bourgeons et que le bois des branches gardait une teinte verte, signe que tout n’était pas perdu. À partir de là, je voulais surtout comprendre la cause exacte pour essayer de le remettre d’aplomb.
En creusant le sujet, j’ai découvert qu’un saule crevette peut prendre des feuilles marrons pour plusieurs raisons. Le scénario le plus souvent cité est l’anthracnose, mais l’arrosage peut aussi être en cause, tout comme une attaque d’acariens. Voyons ensemble comment s’y retrouver et quoi faire selon le cas.
Le saule crevette : un arbuste décoratif facile à vivre
Le saule crevette, connu sous le nom botanique Salix integra ‘Hakuro Nishiki’, est un saule arbustif greffé sur tige. On le dit plutôt simple à cultiver, et il a surtout un vrai talent pour attirer l’œil : du printemps à l’automne, son feuillage offre un rendu très ornemental.
Au printemps, les jeunes feuilles se colorent de rose. Ensuite, en été, elles se marquent de blanc ou de crème, ce qui donne une impression de fraîcheur dans le jardin. Pour garder cette silhouette et encourager l’apparition de nouvelles pousses aux tons clairs, une taille régulière reste importante.
Côté format, on est sur un arbuste de taille modeste : il peut vivre aussi bien en pleine terre que dans un bac. Pratique si vous avez un petit jardin, ou même un balcon. Pour qu’il se sente bien, il apprécie un sol humide en été, mais qui draine correctement, car cela aide aussi à mieux résister aux parasites et aux maladies.
Et justement, quand les feuilles brunissent, il faut garder en tête qu’il n’y a pas une seule explication possible. L’anthracnose est souvent pointée du doigt, mais ce n’est pas automatique : un souci d’eau ou des acariens peuvent produire des dégâts qui se ressemblent à première vue.
Quand l’anthracnose fait brunir le feuillage
Comprendre la maladie et ses conditions d’apparition
L’anthracnose est une maladie d’origine fongique, assez répandue, qui touche de nombreuses plantes, dont le saule crevette. Elle est liée à différents champignons des genres Colletotrichum ou Gloeosporium, et elle s’installe volontiers lorsque chaleur et forte humidité sont au rendez-vous. Autrement dit, certaines périodes météo lui sont très favorables.
Reconnaître les signes sur feuilles, tiges et branches
Sur le feuillage, l’anthracnose apparaît généralement sous forme de taches brunes ou noires. Au début, elles sont souvent petites et plutôt rondes, puis elles grossissent et finissent par se rejoindre au fil de l’infection. Les feuilles concernées se dessèchent ensuite et virent au brun foncé ou au noir, donnant parfois l’impression d’avoir été brûlées.
La maladie ne se limite pas toujours aux feuilles : elle peut aussi atteindre tiges et branches, avec des lésions et des ulcères visibles sur l’écorce. Si l’attaque devient importante, l’arbuste peut s’affaiblir et aller jusqu’à un dépérissement plus global. Plus on intervient tôt, plus on limite la propagation.
Actions rapides, traitements et prévention
Pour freiner l’attaque, il faut retirer et détruire les feuilles mortes, puis tailler l’arbuste afin de réduire la diffusion de la maladie. Ensuite, plusieurs solutions de traitement existent : on peut appliquer de la bouillie bordelaise ou un fongicide spécifique à base de sulfate de cuivre sur l’ensemble de l’arbuste, une fois qu’il a été nettoyé.
Le traitement doit être renouvelé environ deux semaines plus tard pour rester efficace. Autre point à ne pas négliger : désinfecter le sécateur après chaque coupe, afin d’éviter de transporter la maladie d’une branche à l’autre.
Enfin, il est recommandé de surveiller les arrosages. Le saule crevette étant très demandeur en eau, garder un sol humide l’aide à rester vigoureux. En prévention, un traitement à base de mancozèbe peut être envisagé : il s’agit d’un fongicide à large spectre, à appliquer une fois par mois à partir de mars, avant que les conditions propices à l’infection ne s’installent. En combinant cette prévention, une hygiène culturale sérieuse et un arrosage maîtrisé, vous augmentez nettement les chances de garder un arbuste en forme, surtout dans les zones où l’anthracnose revient souvent.
Feuilles marrons : et si le problème venait de l’eau ?
En regardant un exemple concret, j’ai compris que des feuilles marrons sur un saule crevette ne signifient pas forcément “anthracnose”, même si c’est l’hypothèse la plus fréquente. Dans les observations rapportées, les symptômes ne correspondaient pas vraiment à ceux de la maladie fongique : pas de taches irrégulières typiques, ni de feuilles qui se replient sur elles-mêmes.
Ici, on voyait plutôt des extrémités de feuilles qui sèchent, sans ces marques caractéristiques. J’avais aussi indiqué que l’anthracnose, sur les saules, peut être récurrente et provoquer des nécroses gris foncé à noires sur les bois des prolongements, avec un impact sur leur capacité à pousser. Or, dans ce cas précis, aucun signe de ce type n’était visible, ce qui renforçait l’idée d’un souci d’arrosage.
Autre détail parlant : seuls quelques bouts de feuilles étaient desséchés, tandis que les prolongements continuaient leur croissance sans être touchés. Cela oriente vers un déséquilibre hydrique. Ce qui est un peu piégeux, c’est que l’excès comme le manque d’eau peuvent mener à un résultat proche : les pointes se dessèchent. Vous arrosez beaucoup… ou pas assez ? Les deux peuvent se ressembler sur le feuillage.
L’enseignement à retenir est simple : un arrosage régulier, ajusté aux besoins de l’arbuste, aide à éviter ces épisodes de dessèchement et soutient une croissance saine. C’est souvent en suivant de près le rythme d’arrosage qu’on remet les choses dans l’ordre.
Acariens : une autre piste à ne pas écarter
Il existe aussi une cause différente, mais assez fréquente : l’infestation d’acariens. Dans ce cas, on observe des feuilles qui se gondolent et brunissent, avec un aspect “brûlé”. Le bord du feuillage peut même s’effriter lorsqu’on le touche. Ces signes se distinguent de l’anthracnose, où l’on voit plutôt des taches marron associées à un flétrissement.
Une explication possible est la présence d’acariens phytophages comme Aculeus craspediobus, capables de provoquer boursouflures, galles, décolorations et déformations du limbe. L’effet visuel peut être impressionnant, mais ce n’est généralement pas considéré comme grave.
- Humidifier l’environnement : pulvériser de l’eau sur l’arbuste peut gêner les acariens, car ils n’aiment pas l’humidité.
- Essayer des préparations naturelles à base d’ail, qui peuvent aussi agir contre eux.
- Introduire des prédateurs naturels comme phytoseiulus persimilis ou neoseiulus fallacis, disponibles en magasins de jardinage.
- Planter en quantité de l’aneth ou de la coriandre autour du saule, pour leur effet répulsif.
- Favoriser les auxiliaires en semant des bandes florales, des prairies fleuries, et en installant des haies champêtres.
- Pour les plantes d’intérieur : réduire la température peut aider à éviter les infestations.
- En hiver : éliminer œufs et larves en passant de l’huile de colza sur les troncs, en prévention.
| Cause possible | Ce que vous observez le plus souvent | Ce qu’on peut faire |
|---|---|---|
| Antracnose (champignons) | Taches brunes/noires qui s’étendent, feuilles qui finissent par sécher et foncer, parfois lésions sur tiges et branches | Retirer/détruire les feuilles mortes, tailler, traiter au cuivre (bouillie bordelaise ou sulfate de cuivre), renouveler après environ 2 semaines, désinfecter le sécateur |
| Arrosage inadapté | Extrémités de feuilles sèches, sans taches typiques, prolongements qui continuent à pousser | Ajuster et surveiller l’arrosage, viser un sol humide en été mais bien drainé |
| Acariens | Feuilles gondolées et marrons, aspect brûlé, bords qui peuvent s’effriter au toucher, possibles boursouflures/galles/déformations | Pulvériser de l’eau, utiliser des préparations à l’ail, introduire des auxiliaires (phytoseiulus persimilis, neoseiulus fallacis), planter aneth/coriandre, favoriser bandes florales/haies, huile de colza en hiver sur les troncs |







